Chauffage au fioul : le gouvernement veut sa suppression d’ici 2025

Le gouvernement vise la fin des chaudières au fioul d’ici dix ans en aidant les 3,4 millions de foyers concernés à changer leur mode de chauffage.

L’Union européenne et le parlement se sont accordés dans la nuit de mardi 18 à mercredi 19 décembre sur la refonte du marché de l’électricité. Selon différent communiqués des deux institutions, ils prévoient la fin des subventions du charbon en 2025. En parallèle, c’est aussi la fin du chauffage au fioul qui est orchestrée.

L’objectif du gouvernement est on ne peut plus simple : se débarrasser de toutes les chaudières individuelles au fioul au cours des 10 prochaines années.

Longtemps, l’État a favorisé l’achat d’une chaudière au fioul pour la production de chaleur. Par biais du crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) notamment. À titre illustratif en janvier 2017, un foyer s’équipant d’une chaudière individuelle au fioul pouvait prétendre à une réduction fiscale de 30%. Les aides qui orientaient les consommateurs vers cette solution de chauffage ont finalement été supprimées

Le chauffage au fioul : l’un des chauffage les plus polluant

Le fioul est actuellement la 3ème énergie de chauffage la plus populaire auprès des foyers français. Dérivé du pétrole, le fioul présente en effet un bilan carbone catastrophique. Sa combustion pour la production de chaleur est responsable de différents types de pollution : dioxyde de carbone, particules fines, monoxyde de carbone, etc. De son extraction jusqu’à sa combustion, le fioul participe à augmenter le nombre d’émissions de gaz à effet de serre. Selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), le chauffage au fioul émet 300 grammes de CO2 par kilowattheure d'énergie générée, contre 274 grammes pour le propane et 234 grammes pour le gaz. Or, ce mode de chauffage ne concernerait que 12 % des foyers français soit, 3,4 millions de résidences principales. Généralement, le chauffage au fioul concerne des maisons rurales, peu rénovées et occupées par des ménages à faible revenu, souligne l'Ademe. Phénomène que le gouvernement cherche à endiguer, en proposant quantité d’aides permettant la rénovation énergétique du foyer. Un objectif ambitieux, mais pas vain. Malgré l’avis des professionnels du secteur, doutant que l’objectif soit atteint, les pronostics du gouvernement sont au beau fixe. L’objectif « c'est qu'à la fin du prochain quinquennat il n'y ait plus de chauffage individuel au fioul en France », a déclaré Edouard Philippe sur RTL. Parmi les aides proposés par l’état pour accompagner les ménages dans leur mutation vers une énergie plus propre et économe, on retrouve le chèque énergie dont le prix a augmenté en 2019. De 3,6 millions d’euros, cette aide va passer à 5,6 millions. 

Vers une diminution du nombre de chaudières fioul

Particulièrement touché par la hausse, Edouard Philippe souhaite qu’un tiers de l’addition soit pris en charge par l’état. Ces mesures, déjà existantes en 2018, entrent en vigueur au 1er janvier 2019 sous des conditions parfois nouvelles. Diverses sont les offres de l’état en la matière, et différentes sont les enveloppes à destination du particulier. Coût global estimé pour l’ensemble des aides invitant à la transition énergétique ? 500 millions d’euros a déclaré le premier ministre.

Si le chauffage au fioul est en déclin, puisqu’il concernait 25 % des ménages en 1990, contre 12% de foyers français actuellement, il le fait à un rythme lent, d'environ 2 % par an. Ce que le gouvernement entend l’objectif du gouvernement est d’aider les ménages à se débarrasser de leur installation au fioul grâce à l’instauration d’une prime à la conversion. Ainsi, les ménages qui se débarrassent d’une chaudière au fioul pour installer un équipement plus récent et moins polluant peuvent prétendre à une aide allant de 2.000 à 3.000 euros en fonction de leurs revenus.

Quelles options s’offrent aux consommateurs ?

Différentes portes s’ouvrent à ceux qui voudraient profiter de ces aides pour anticiper leur transition énergétique. Parmi elles, on retrouve la substitution du fioul, par du gaz naturel, dont le coût au kilowattheure est actuellement inférieur à celui du fioul. Problème, 43% des foyers se chauffant au fioul ne sont pas actuellement pas raccordés au réseau de gaz GRDF. D’autres modes de chauffage peuvent être utilisés, les granulés de bois ou encore, choix plus coûteux : la géothermie. Le choix de de se chauffer électriquement quant à lui, revient à plus cher avec un kilowattheure deux fois plus cher.

Pour parachever le tout, le gouvernement souhaite prochainement augmenter la prime à la conversion dont le succès est jusqu’ici mitigé. Cette nouvelle action vient consolider les efforts entrepris depuis des mois et accompagner les ménages dans leur transition énergétique.

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