UFC Que Choisir & Compteurs Linky

La date butoir pour l'installation d'affichage de consommation en temps réel chez les ménages précaires a été dépassée, dénonce l'association. Forte de sa pétition de 300 000 signataires intitulée « Linky : refusons de payer pour Enedis » l’association entend faire ployer l’Etat.

L’affichage déporté : un moyen pour le consommateur de réguler sa propre consommation

L'association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir a décidé de saisir le Conseil d'Etat au sujet des compteurs Linky. La cause ? Le dépassement de la date butoir de l’installation d’affichage de la consommation en temps réel chez les ménages précaires. Le but de l’association est clair, elle souhaite sanctionner l’Etat dans sa participation passive, du fait de son inaction, à la précarisation économique de ménages à revenus modestes. Pour rappel, le compteur Linky est obligatoire.

Dans un communiqué, publié mardi 29 Janvier, l’association de consommateur souligne que, la mise en place gratuite d’afficheurs de donnée en temps réel, prévue par la Loi transition énergétique est expirée depuis un mois.  Ces « afficheurs » dont l’écran peut être consulté en temps réel compte, pour autre bénéfice de pouvoir être installé dans n’importe quelle pièce. Or, la Loi transition énergétique stipule expressément la pose gratuite chez les ménages précaires. Initialement prévue au 1er janvier 2018, leur installation a été repoussée d'un an pour budgétiser l’opération. Une échéance aujourd'hui dépassée.

 

« Une surmarge à 500 millions d’euros »

Face au silence de François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire, à l'interpellation écrite de l'association de consommateur et à l'aveu du cabinet du ministre, confirmant l’absence de calendrier pour statuer de cette prise en charge, l’UFC-Que choisir prend les mesures qui lui incombent. Sa volonté étant d’enjoindre l'Etat d'adopter le plus rapidement possible les textes manquants à la mise en place du déploiement des affichages. « Les consommateurs refusent en effet de payer la surmarge de 500 millions d’euros dénoncée par la Cour des Comptes, et de financer un compteur qui, faute d’information pertinente pour une meilleure maîtrise de la consommation, reste toujours et encore, avant tout au service du distributeur et des fournisseurs. » écrit l'association.

En outre, l’association demande également au ministre qu'il informe de la suite des travaux engagés en juin 2018 par son prédécesseur Nicolas Hulot. Ce dernier avait déclaré étudier « les possibilités d'évolution des modalités de rémunération » de l'entreprise Enedis. Dans un rapport de la Cour des comptes, qui annonçait un coût de l’opération à 5,4 milliards d’euros, l’ancien ministre de l’écologie jugeait les conditions de rémunération du fournisseur Enedis « généreuses ». Nicolas Hulot avait par ailleurs, indiqué la mise en place de nouvelles modalités d’accès aux données de consommation. Selon ses propositions, elles comprenaient la possibilité de vérifier ses données en ligne, via internet ou par application mobile. Le but étant de garantir au consommateur, l’accès en direct à sa consommation pour mieux réguler en temps réel.